
Takeda Tokimune
Suite à la mort de Sokaku, dans la prefecture de Aomori en 1943, son troisième fils Takeda Tokimune lui succéda en tant que chef de la famille Takeda et dircteur (soke) du Daito-ryu. Tokimune est né le 7 octobre 1916 à Shimoyubetsu dans l'île d'Hokkaido. Enfant, son père lui enseigna l'escrime et le Daito-ryu aiki jujutsu. Il accompagnait souvent Sokaku dans ses voyages et faisait office de kyoju dairi (assistant instructor). Après la Seconde guerre mondiale, il s'enrola dans la police en tant que détective et, à sa retraite, fut nommé directeur d'une grande compagnie appelée Yamada Fisheries. En 1954, il créa le dojo Daitokan dans la ville d'Abashiri sur la côte septentrionale d'Hokkaido. Il prit sa retraite des Yamada Fisheries en 1976 afin de se consacrer à l'enseignement du Daito-ryu à travers le Japon et dans le but de disséminer la tradition.
Auparavant, le Daito-ryu avait surtout été enseigné et réserver à une certaine classe d'individus, tels que les descendants de la classe des samurais, officiers militaires et enseignants. Tokimune, cependant, s'efforça de render accessible cet art à un public plus élargi en présentant ce qu'il appelait « les séminaires du directeur » partout au Japon. Il en résulta que les techniques auparavant secretes du Daito Ryu furent révélées au public en tant que Daito-ryu aiki budo. Le 7 février 1981, Tokimune fit une demonstration de Daito-ryu lors d'une exhibition importante sur les arts martiaux classiques qui fut diffusée sur la télévision nationale japonaise. Cette démonstration incluait tachiai rokunin zume (se défaire de six assaillants tentant de l'immobiliser à partir d'une position debout) et newaza kyunin nage (projetant neuf assailants tentant de l'immobiliser alors que couché sur le dos); ainsi, les techniques du Daito-ryu et ses propres habiletés gagnèrent immédiatement l'attention du monde des arts martiaux du Japon.
Ces demonstrations démontrèrent non seulement la haute qualité du Daito-ryu en tant que corpus technique martial, mais aussi présenta l'art en tant qu'atout pour la culture japonaise.